Euphony minimalise les retards de paiement aux consultants

17/02/14 à 11:57 - Mise à jour à 11:57

Source: Datanews

Malgré les promesses de paiement de la part d'Euphony, les vendeurs indépendants attendent toujours les dizaines de milliers d'euros qui leur sont dus. Le CEO Frank Van de Wege reste sur son position, selon laquelle tout le monde sera payé.

Euphony minimalise les retards de paiement aux consultants

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Malgré les promesses de paiement de la part d'Euphony, les vendeurs indépendants attendent toujours les dizaines de milliers d'euros qui leur sont dus. Le CEO Frank Van de Wege reste sur son position, selon laquelle tout le monde sera payé. Il y a quelques semaines déjà, notre rédaction a été avisée de la part de certains vendeurs indépendants d'Euphony qu'ils n'étaient plus payés depuis l'été dernier. Au début, Euphony n'avait pas souhaité réagir à ces affirmations, mais a fini, il y a trois semaines, par faire connaître son point de vue où elle insistait sur le fait que les paiements seraient effectués le jour même et "qu'elle ne laissera pas tomber ses vendeurs".

Cette attitude est dénoncée par quelques consultants. Il s'agirait de versements de 50 à 100 euros, alors que les montants dus varient de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'euros par vendeur. Dans un cas, l'on atteindrait même les 650.000 euros. "Certains ont entre-temps reçu la visite de huissiers, parce qu'ils ne peuvent eux-mêmes plus payer leurs fournisseurs ou rembourser leurs prêts", selon un vendeur télécom indépendant qui préfère rester anonyme.

Chez Euphony même, on nuance ces montants: "Nous travaillons actuellement avec 3.800 consultants, dont la plupart le font en occupation complémentaire. Il est question de montants de 1.000 à 1.500 euros. Quelque 80-90 personnes le font à plein temps, mais les montants cités ne sont pas corrects. Chaque agent exagère ses revenus pour une question de statut. Ils veulent tous prétendre qu'ils gagnent beaucoup d'argent."

Van de Wege continue d'affirmer qu'il entend payer tout le monde: "Depuis trois semaines, nous en sommes revenus aux commissions hebdomadaires. Il est possible que ce ne soit que 10 à 15 euros, voire rien pour certains qui n'ont pas travaillé pour nous pendant un certain temps, mais nous tentons autant que possible d'aider ces gens. Ceux qui essaient de nous mener la vie dure par presse interposée, ce sont ceux qui, dans leur esprit, ont déjà pris congé de nous. Le problème est important, mais il l'était encore bien plus, il y a huit mois. Des économies ont été réalisées, et l'avenir apparaît aujourd'hui dix fois meilleur."

Saisies

Euphony est entre-temps bien connue aussi au tribunal du commerce d'Anvers. En 2013, dix jugements ont été rendus à l'encontre de l'entreprise, la sommant de payer ce qu'elle doit. En janvier de cette année, trois affaires ont déjà été plaidées, alors que trois autres l'ont été ce mois-ci et qu'une autre au moins doit encore être traitée plus tard en février. Le tribunal indique aussi que des saisies exécutoires ont été décidées. Cela signifie qu'Euphony ne peut ou ne veut pas payer, lorsqu'elle perd un procès.

Euphony: "Cela a commencé par le contrat de sponsoring au KRC Genk en juin de l'année dernière. Ce problème a été dénoncé par la presse, ce qui a généré des effets en cascade chez nos fournisseurs. Cela a duré plus d'un mois, mais ces choses sont à présent réglées. Pour une entreprise de notre taille, il n'est du reste pas exceptionnel qu'il y ait parfois des procès."

Dans l'attente d'un investisseurL'été dernier, Euphony avait défrayé la chronique, après avoir interrompu les versements en vertu d'un contrat de parrainage conclu avec le club de football de KRC Genk et parce qu'elle recherchait un nouvel investisseur. L'entreprise en avait trouvé un aux Pays-Bas, mais plus d'une demi-année plus tard, l'accord n'était toujours pas finalisé avec ce dernier. Ce serait quasiment le cas maintenant, même si aucun nom n'a encore cité.

"Le but est d'entériner l'accord fin de ce mois avec toutes les parties. Mais nous allons de toute façon en sortir, même sans investisseur. Le problème a été provoqué par la nouvelle loi télécom (permettant aux clients de s'en aller au bout de six mois, ndlr) et par un changement au niveau des commissions qui nous sont versées par les opérateurs. Voilà la cause et voilà pourquoi nous nous trouvons dans une passe difficile depuis 36 mois. Mais dans 6 à 7 mois, nous atteindrons le bout du tunnel."

1 abonnement Mobistar sur 3 via EuphonyDe son côté, Mobistar confirme que le contrat conclu avec Euphony existe encore et toujours. "Notre relation avec Euphony remonte à douze ans déjà et s'est toujours déroulée en confiance et en toute franchise", déclare la porte-parole Patti Verdoodt.

Pour des raisons concurrentielles, Mobistar ne souhaite cependant pas révéler le nombre d'abonnements que lui amène Euphony. Van de Wege déclare pour sa part que son entreprise fournissait avant (jusqu'à l'apparition des problèmes en été dernier) 25 à 33% des contrats particuliers de Mobistar. Sur le marché professionnel, l'on en était même à cinquante pour cent. La question est cependant de savoir qui souhaite aujourd'hui encore travailler comme consultant indépendant pour l'entreprise. Euphony promet de payer ses collaborateurs, mais plusieurs d'entre eux n'y croient plus.

"C'est regrettable, mais nous allons continuer de nous battre pour en sortir et payer tous nos consultants. Rien n'est plus facile que de se tourner vers la Justice et de déposer son bilan. Cela n'a jamais été notre intention et cela ne cadre pas avec notre promesse et notre style. Et si cela ne réussit pas avec un investisseur, on le fera d'une autre manière", conclut un Frank Van de Wege apparemment combattif.

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