Entreprendre à l'ère du numérique

18/11/16 à 15:05 - Mise à jour à 25/11/16 à 11:28

Source: Datanews

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi tant de startups voyaient le jour? Si vous interrogez votre fournisseur cloud, tout le mérite leur en revient. Mais il y a d'autres éléments de réponse.

Entreprendre à l'ère du numérique

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En 2015, 82.571 nouvelles sociétés ont vu le jour en Belgique, soit 1,8% de plus que l'année précédente, selon les chiffres du bureau d'études Graydon. Entre 2015 et 2014, le nombre de starters avait même augmenté de 4,7%. Et la Belgique compterait 1.500 startups purement numériques, selon startups.be.

Le coût de l'échec

L'économie se numérise à un rythme effréné et alors que les entreprises existantes tentent de se lancer dans la transformation numérique, de petites startups démarrent leurs activités avec les tout derniers outils. Numériques bien évidemment, le cloud leur donnant une longueur d'avance.

" Pour promouvoir l'innovation, il convient de limiter le coût de l'échec ", avait lancé en son temps Joichi Ito, professeur et directeur du MIT Media Lab. Et, il faut bien l'admettre, entreprendre dans le cloud se révèle plus facile, surtout pour les jeunes sociétés. Car le cloud élimine une partie du coût lié au démarrage de l'activité.

Start-as-a-Service

" Voici 10 ans, Amazon a rendu public son catalogue. A l'époque, tout le monde pouvait démarrer sa propre société avec le code d'Amazon. Mais l'on a assez vite constaté que ces petites entreprises commençaient à peiner dès qu'elles connaissaient le succès. D'un seul coup, un département IT devait être créé et des serveurs devaient être achetés. Ce n'était pas leur métier ", explique Werner Volgels, CTO d'Amazon. Ce furent les débuts de leurs offres Software-as-a-Service et Platform-as-a-Service. " Le modèle commercial est ici complètement différent par rapport au passé. Avec le cloud, vous ne payez que ce que vous utilisez et après l'avoir utilisé. Alors qu'autrefois, une grande part d'un projet d'entreprise consistait à rassembler les fonds et installer l'infrastructure avant de démarrer. Désormais, la concurrence se fait strictement sur le produit ", dixit Vogels.

Entreprendre à l'ère du numérique

© Smappee

Stefan Grosjean, CEO de Smappee, peut en témoigner. Il a fondé ce fabricant de compteurs électriques intelligents en 2012. " Smappee n'existerait pas sans le cloud. C'est dès lors un internet des objets ", explique-t-il. Mais il voit également des avantages pour d'autres jeunes pousses. " Si vous lancez aujourd'hui votre entreprise, vous êtes dans un fauteuil : pas besoin d'acheter de hardware, il suffit de se focaliser sur son métier. "

Entre-temps en Europe

Pourtant, cette culture de la startup apparaît comme un phénomène assez récent. " Autour de l'an 2000, lorsque le web 2.0 est apparu, il y avait pratiquement autant de bonnes idées en Europe qu'aux Etats-Unis. Or 20 ans plus tard, la plupart des sociétés web 2.0 ne sont pas européennes. Cela s'explique par l'environnement ", considère Jean-Claude Burgelman, patron de l'entité Data, Open Access and Foresight à la Commission européenne.

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Smappee n'existerait pas sans le cloud. C'est dès lors un internet des objets

" En Europe, nous avons un problème au niveau de l'adoption du cloud et de la numérisation, estime Pearse O Donohue, acting director for Future Networks à la DG Connect, l'entité réseaux et technologie à la Commission européenne. C'est surtout une question d'incertitudes, mais aussi parfois de cadre légal qui doit encore être adapté à l'ère moderne. " La CE affirme prendre la question à bras le corps, mais doit également relever certains défis. " Il est très difficile pour une autorité ou les institutions d'un pays de rester en phase avec l'évolution, enchaîne la parlementaire européenne Eva Paunova. Tout l'art consiste à imaginer une législation qui soit ouverte à l'innovation. Au sein de l'Europe, nous réagissons souvent à des défis plutôt que d'essayer d'agir de manière proactive. "

Attitude

Si l'Europe paraît accuser un retard, c'est aussi une question de culture, estime encore Vogels, lui-même Néerlandais. " Si votre entreprise faisait faillite autrefois aux Pays-Bas, c'était une catastrophe pour le restant de vos jours. Si vous tombez en faillite aux USA, vous recommencez simplement. " Mais Vogels considère que l'Europe évolue peu à peu. " On voit désormais des jeunes oser prendre davantage de risques. "

Werner Vogels, cto d'Amazon

Werner Vogels, cto d'Amazon © .

Pourtant, Vogels insiste pour que l'on ne prenne pas forcément la direction choisie par la Silicon Valley. Du moins si cela ne débouche pas sur de l'emploi durable. " Nous ne devons pas nous focaliser sur les licornes [ces startups qui ont une valeur boursière de 1 milliard $, NDLR]. Ce sont en général des entreprises qui n'ont pas de revenus, qui existent pour être revendues. " Plutôt alors le modèle asiatique. " L'Asie crée des dizaines de milliers de startups. Toutes petites, mais avec l'ambition de devenir la nouvelle Uber. Ces gens peuvent seulement se garantir un revenu. Du coup, ils développent leurs affaires autrement, pour fabriquer un produit qui doit se vendre. "

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