Dopez vos applis grâce aux outils de Proximus

07/04/16 à 08:00 - Mise à jour à 12/04/16 à 10:22

Source: Datanews

Plus un opérateur compte de clients, plus le rendement de son infrastructure est élevé. C'est dans cette logique que Proximus dévoile une nouvelle piste : permettre aux développeurs d'exploiter son énorme boîte à outils pour concevoir leurs propres applis. Que pourriez-vous envisager de faire si vous accédiez aux plate-formes de Proximus?

Dopez vos applis grâce aux outils de Proximus

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Un écosystème : le terme est très vite lâché lorsque l'on évoque dans les deux tours géantes de la Gare de Nord l'initiative Proximus EnCo : pas uniquement commercialiser son propre réseau, mais permettre aux entreprises et développeurs d'accéder aux actifs de l'opérateur. "Autrefois, nous vendions des produits, mais aujourd'hui, nous voulons devenir un partenaire ICT fiable", explique Jan Manssens, directeur Strategy, Growth & Innovation de la division Enterprise de Proximus.

EnCo est l'acronyme d'Enabling Company. Le raisonnement à la base de ce modèle d'entreprise est que la vitesse de l'innovation ne cesse de croître. "Du coup, le délai de rentabilisation d'un investissement est toujours plus court. C'est impossible d'y arriver si l'on continue à commercialiser soi-même ses produits et services. D'où l'idée d'ouvrir systématiquement nos actifs à d'autres. C'est le B2B2X." Proximus offre ses solutions à des entreprises qui les mettent en oeuvre pour commercialiser à leur tour de nouvelles offres à destination de leurs clients.

Qu'en est-il concrètement ? Supposons que vous soyez un concessionnaire automobile et que vous souhaitiez avertir automatiquement vos clients par SMS que leur voiture est réparée. Vous pouvez évidemment développer votre propre appli et l'intégrer dans l'infrastructure SMS de Proximus grâce à des API. De même, vous pourriez envisager l'envoi de rappels de paiement par SMS. "Si le SMS a fait son temps pour le consommateur, cette technologie présente encore une certaine valeur dans les processus d'entreprise, poursuit Manssens. Autre exemple : celui d'un développeur qui veut mettre au point un cadenas numérique pour vélo. Si le vélo est volé, il est possible de le tracer en utilisant notamment le réseau IoT de Proximus.

L'idée d'ouvrir sa propre boîte à outils n'a pas été inventée par Proximus elle-même. Les plus grandes entreprises technologiques au monde (Apple, Microsoft, Amazon, etc.) travaillent déjà dans le cadre d'écosystèmes. Au lieu de vendre des produits à des clients professionnels, elles louent des blocs de construction qui permettent à d'autres de construire une "centrale". Et lorsque de nouvelles initiatives voient le jour, c'est tout profit pour elles... et pour Proximus.

"Nous sommes confiants dans notre valeur ajoutée, estime encore Manssens. Nous proposons notre propre place de marché et plate-forme de courtage pour permettre de consulter les outils disponibles. Mais à terme, cette plate-forme permettra de se connecter à d'autres écosystèmes. Par ailleurs, les développeurs qui ont mis au point une killer app s'appuyant sur notre infrastructure pourront également la commercialiser via cette plate-forme et ainsi la rentabiliser."

LoRa

Le réseau (IoT) LoRa lancé l'année dernière est l'un des fers de lance du projet. "LoRa est relativement unique, nous sommes précurseurs en Europe, et même dans le monde. Pour nous, il s'agit d'une nouvelle approche ouverte. On constate dans le monde que les valeurs établies sont bousculées par de jeunes développeurs. Nous relevons ce défi et ouvrons les portes. Nous apportons ainsi une réponse à une question courante, à savoir collaborer davantage. Or avec LoRa combiné aux kits IoT pour développeurs, nous intensifions les collaborations pratiques. De même, nous travaillons sur base d'un framework ouvert, ce qui est également nouveau pour nous."

La boutique de Proximus est-elle d'ores et déjà étoffée ? Pas encore, les premiers actifs sont maintenant mis à disposition et l'entreprise planche sur des API, et notamment des connecteurs pour relier l'IoT au cloud, ce qui permettra aux développeurs d'utiliser les plates-formes de Proximus. Mais l'ambition est d'ouvrir pratiquement toute l'infrastructure, tandis que l'équipe d'EnCo sera encore étoffée dans les prochains mois.

Cela étant, l'écosystème est prêt. "Aujourd'hui, nous collaborons déjà avec 118 fournisseurs de services applicatifs qui construisent des solutions dans des domaines spécifiques, ajoute Frederic L'Hoste, Head of Advanced Telco Services chez Proximus, chargé notamment de l'aspect commercial du projet. "Il s'agit toujours d'une co-création : le client présente ses défis et nous analysons, avec d'autres partenaires, la manière de les relever. L'un propose des capteurs, l'autre déploie le réseau pour relier ces capteurs."

Pour l'heure, l'initiative concerne surtout le réseau LoRa, mais une passerelle SMS sera bientôt disponible sur EnCo. Et même une solution cloud de Microsoft. "De nombreux produits Microsoft sont d'ores et déjà disponibles via notre propre datacenter, notamment à la Région flamande, note encore Manssens. Au niveau de Microsoft, nous travaillons aussi sur le machine learning et je n'exclus pas de commercialiser aussi des technologies Microsoft qui seraient complémentaires aux nôtres."

"Aujourd'hui, LoRa est un marché nouveau. C'est ainsi que l'on ne trouve pas encore beaucoup de capteurs. C'est pourquoi nous faisons désormais nos propres prototypes de capteurs que nous testons pour en analyser les possibilités. Nous les relions à des cartes Arduino pour vérifier leur bon fonctionnement avant de trouver un débouché pratique et un partenaire susceptible de les installer. Dès lors, on ne se limite plus à une simple connexion avec une carte SIM", note encore L'Hoste.

Vive les partenaires

Jan Manssens : "Les initiatives que nous lançons avec LoRa sont d'une ampleur aujourd'hui inégalée. Nous passons de la connectivité à la couche applicative. Et nous créons de la valeur ajoutée. C'est nouveau pour nous. De même, nous demandons désormais plus de feedback sur nos développements de produits, de même que sur la meilleure manière de les commercialiser. Nous voulons vraiment impliquer nos partenaires dans EnCo. Nous n'avons pas la prétention de penser que nous pouvons tout faire nous-mêmes. En Belgique, nous sommes bien placés pour supporter les clients des secteurs privé et public, mais à l'échelle mondiale, nous sommes un petit acteur qui doit s'appuyer sur d'autres. C'est un peu opportuniste, mais cela permet de faire de grandes choses. L'objectif est que chacun soit gagnant dans l'écosystème. Pour notre part, nous pouvons mieux valoriser nos actifs, tandis que nos partenaires voient s'ouvrir un nouveau public cible pour leurs solutions en sécurité, UC et cloud, alors que les petits développeurs et éditeurs de logiciels peuvent sélectionner les meilleurs outils et monétiser leur solution par le biais de cette plateforme."

Qu'en est-il aujourd'hui concrètement d'EnCo ? "Nous sommes en bêta, explique Gianni Manderioli, responsable Innovation & Business Development chez Proximus. Nous ne sommes donc pas encore très visible, mais sommes accessibles, notamment via le site Web enabling.be. Pour l'instant, nous ouvrons la plate-forme. Nous avons également mis sur pied une software factory pour supporter notre propre plate-forme et accompagner les clients à migrer leurs anciens produits vers la nouvelle économie API numérique. Nous entendons soutenir tant les clients que les partenaires et les développeurs individuels dans toutes les facettes de leurs activités. L'objectif est désormais de recevoir davantage de feedback de start-up et de développeurs et de se lancer sur le marché en mai ou juin."

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