Des dizaines de traceurs sur les sites web belges

26/10/16 à 11:43 - Mise à jour à 11:43

Source: Datanews

Pas moins de 43 entreprises tant nationales qu'étrangère différentes enregistrent qui sont les utilisateurs des dix sites web belges les plus visités et ce qu'ils y font.

Des dizaines de traceurs sur les sites web belges

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43 entreprises différentes vous suivent pour savoir ce que vous faites sur les dix sites web belges les plus visités. C'est en recourant à des 'trackingcookies' (mouchards pisteurs) qu'ils tracent les utilisateurs sur les sites où ils sont actifs. Facebook et Google sont les champions bien connus sur le plan de la collecte des données personnelles, mais des entreprises moins connues, voire inconnues du grand public telles Oracle, Gigya et Gemius collectent elles aussi à grande échelle des données personnelles de millions de surfeurs belges, comme il ressort d'une enquête effectuée par Apache.

Vous êtes ainsi pisté sur les sites web des journaux De Standaard (36), DH.be (26) et HLN.be (22). Sur le plan des informations précises collectées et ce que les entreprises traceuses en font ensuite, il y a d'énormes différences, comme l'a aussi démontré une enquête réalisée par la Commission vie privée et IMEC. En général, ces données sont utilisées en vue de proposer de la publicité et du contenu personnalisés.

Manque de transparence

Selon le spécialiste néerlandais Frederik Zuiderveen Borgesius (UvA), la complète opacité de cette pratique représente un énorme problème: "Des entreprises, dont vous n'avez encore jamais entendu parler, créent de gigantesques banques de données personnelles. Si la police devait collecter autant de données sur des millions de citoyens, personne ne l'accepterait. Mais une fois toutes ces données stockées dans des entreprises, la police ou un service de renseignements peut exiger d'y avoir accès."

Les données ne sont pas non plus entièrement anonymes, contrairement à ce que prétendent la plupart des collecteurs de données. Avec une adresse IP, l'on peut par exemple souvent savoir dans quel région quelqu'un habite. Le risque de pertes de données est en outre réel. Et la discrimination sur base de ces données est toujours possible. "La répartition de personnes dans des catégories par des algorithmes anonymes sur base de ce type de données peut aussi renforcer les inégalités déjà existantes", prévient Zuiderveen Borgesius.

Respect de la vie privée

"Les données personnelles doivent être utilisées de manière circonspecte. Le respect de la vie privée des gens est plus important qu'un message publicitaire sur mesure", affirme le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer (Open Vld) dans une réaction. "Un site web peut certes utiliser des cookies, mais il faut à tout moment pouvoir savoir quand, où et pourquoi ce genre de mouchard est utilisé."

De Backer évoque aussi l'importance de la Commission vie privée, dont il veut renforcer le rôle, comme il l'avait déclaré précédemment déjà: "S'il apparait que le citoyen ne peut plus exercer de contrôle et que ses données circulent ci et là, il convient que la Commission vie privée intervienne. Conjointement avec la nouvelle législation européenne, nous donnerons aussi à la Commission plus d'efficacité sur le terrain. La réforme de la Commission dans le sens d'un régulateur indépendant qui, là où ce sera nécessaire, pourra imposer les sanctions requises, y compris à l'encontre d'acteurs internationaux, en est une première étape. Nous renforcerons aussi les législations européenne et internationale, ainsi que la collaboration entre les autorités en charge des données, afin de lutter de manière rapide et radicale contre les abus." (Belga)

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