De Croo entend faire appel à des pirates éthiques pour garantir l'anonymat des données massives

23/11/16 à 18:31 - Mise à jour à 18:31

Source: Datanews

Des pirates éthiques doivent pouvoir tester si des données issues de ce qu'on appelle les 'big data' ne peuvent conduire à un individu spécifique. C'est du moins l'avis du vice-premier ministre De Croo.

De Croo entend faire appel à des pirates éthiques pour garantir l'anonymat des données massives

© Wim Kopinga

En tant que ministre en charge des télécommunications et de l'agenda numérique, De Croo est un adepte du piratage éthique et a demandé au CCB (Centre pour la Cybersécurité Belgique) d'élaborer une directive pouvant servir de cadre légal. Mais les pirates éthiques ne doivent pas se limiter aux failles sécuritaires, selon lui.

"Normalement, les pirates éthiques se focalisent sur la sécurité des systèmes et réseaux informatiques, mais pourquoi n'utiliserait-on également pas leur expertise pour tester l'anonymat des gisements de données? Ils vérifieraient si des données ne renvoient pas aux emplacements d'une personne spécifique", a déclaré le ministre dans un communiqué.

De Croo a tenu ces propos suite au plan de Proximus de vendre des données sur ses utilisateurs à des entreprises à des fins d'études de marché. Ces données sont certes en soi anonymes, mais des esprits critiques affirment qu'il est souvent encore possible d'identifier un comportement individuel à partir d'un ensemble de données. Dans ce cas, les pirates éthiques seraient cependant moins utiles, étant donné que les données de Proximus ne seraient disponibles que sur commande et contre paiement.

La Commission vie privée devra travailler pro-activement

Dans la foulée, De Croo et le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer profitent de l'occasion pour signaler que la Commission vie privée va être renforcée. Celle-ci devra non plus tellement se concentrer sur les autorisations papier - par exemple pour pouvoir installer une caméra - mais davantage sur les contrôles, afin de vérifier ce que les entreprises font avec les données de leurs clients et d'autres informations sensibles.

"Il y aura un centre de la connaissance, de sorte que l'on puisse développer une vision d'avenir autour des données massives. Cette réflexion et le lien avec la Commission vie privée, nous les avons déjà abordés lors de la mise en oeuvre de la stratégie Open Data européenne en Belgique", a affirmé De Backer.

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