Commission vie privée: 'Les règles sur les sites pour enfants doivent être plus strictes'

15/09/16 à 12:50 - Mise à jour à 12:50

Les règles pour les sites web destinés aux enfants doivent être renforcées. Voilà ce que déclare Willem Debeuckelaere, président de la Commission vie privée fédérale, ce jeudi dans le journal De Morgen. Debeuckelare tient ces propos suite à une étude portant sur 72 sites web pour enfants, d'où il apparaît qu'ils étaient suivis par à coup sûr 179 courtiers en données. "C'est là une forme illégale de collecte d'informations", selon Debeuckelaere.

Commission vie privée: 'Les règles sur les sites pour enfants doivent être plus strictes'

© iStock

Les journalistes d'investigation Maurits Martijn et Dimitri Tokmetzis (De Correspondent) ont découvert lors d'une enquête réalisée pour leur livre 'Je hebt wel iets te verbergen' (vous avez bien quelque chose à cacher) que les sites web s'adressant aux enfants transfèrent non seulement le comportement de navigation de leurs utilisateurs à des annonceurs, mais vendent aussi ces informations liées aux enfants à des courtiers en données à des fins commerciales sur le web.

"Selon le droit belge, il est illégal de collecter en secret des informations de ce genre, sans que l'utilisateur en soit informé", affirme Debeuckelare. "Pour l'installation de cookies (mouchards), il faut également demander l'assentiment de l'utilisateur. Chaque collecte de données sur des sites web pour enfants va aussi à l'encontre de l'esprit de la nouvelle loi européenne sur le respect de la vie privée. Celle-ci est entrée en vigueur en 2018 et stipule que les données identifiant des personnes de moins de seize ans ne peuvent être collectées sans l'autorisation des parents."

Le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer (Open Vld) affirme, par la voie de son porte-parole, avoir confiance dans le contrôle de la Commission vie privée. Ce contrôle pourrait du reste être renforcé selon le modèle néerlandais, "où les entreprises de données peuvent se voir infliger des avertissements et des amendes, si elles enfreignent les règles de confidentialité".

Debeuckelaere ajoute que ce serait une bonne chose: "Avec les moyens qui sont actuellement les nôtres, cela tient plus d'une emplâtre sur une jambe de bois, surtout vis-à-vis des entreprises étrangères."

(Belga/WK)

Nos partenaires