Ces deux jeunes mènent une existence 'sans Facebook': "Les utilisateurs de Facebook vivent dans un monde onirique"

15/04/15 à 13:51 - Mise à jour à 13:51

Vivre sans avoir de profil sur Facebook: c'est considéré comme impossible par beaucoup dans notre société actuelle. Mais ces deux jeunes font exception à la règle: 'Je n'ai rien contre ceux qui utilisent Facebook, mais moi, j'ai bien mieux à faire.'

Ces deux jeunes mènent une existence 'sans Facebook': "Les utilisateurs de Facebook vivent dans un monde onirique"

© Thomas Verstrepen

Quinten Vermaelen (19 ans) et Lisa Van der Wael (23 ans) sont la preuve vivante qu'une existence 'sans Facebook' est possible. Vermaelen, qui étudie la psychologie à l'université de Gand et qui est chanteur du groupe Mantaray, a décidé, il y a quatre ans, de clôturer son profil Facebookprofiel. De son côté, Van der Wael, qui suivait des études cinématographiques et de culture visuelle à l'université d'Anvers, n'a même jamais eu de compte.

Pourquoi cette réserve vis-à-vis de Facebook?

Lisa: 'Je ne vois tout simplement pas l'utilité de poster des photos, etc. J'accorde ben plus de valeur au contact personnel. Il y a vraiment peu de chance que j'opte un jour pour Facebook.'

Quinten: 'Ce qui me gênait surtout, c'est la manière dont les gens apparaissent à leur avantage sur Facebook. L'on y voit par exemple toujours fleurir la photo idéale de quelqu'un et jamais une photo moins avantageuse. Il doit s'agir d'une prise de vue à propos de laquelle tout le monde dit: 'Wow, quelle belle photo!'. Et tout le monde va alors l'aimer (like).'

'J'avais au début l'impression que je menais une vie ennuyeuse sans Facebook. Mais lorsque je réfléchis ensuite plus en profondeur, j'en arrivai bien vite à la conclusion que je n'avais pas envie de prendre des photos de tout et de rien.'

Ne voyez-vous aucun avantage dans Facebook?

Lisa: 'Parfois oui car sans profil Facebook, je passe parfois à côté de certaines informations. Si un événement est annulé, je ne l'apprends quelquefois que plus tard que mes amis. Pour rester informé de ce genre de choses, Facebook s'avère évidemment très utile.'

Quinten: 'Via Facebook, l'on accède naturellement plus aisément aux résumés de cours des condisciples (rire). Mais si vous suivez les cours, vous n'en avez en principe pas besoin. Pour le groupe dont je fais partie, une page sur Facebook est également pratique. Sans un profil, un groupe n'est plus demandé aujourd'hui.'

Pensez-vous que bon gré mal gré des photos de vous ne vont quand même pas aboutir sur Facebook?

Quinten: 'Bien sûr, mais cela ne m'empêche pas de dormir. J'ai le sentiment que l'on ne peut rien y faire. J'essaie de protéger ma vie privée en ne révélant que le minimum sur des sites web et en refusant toute demande d'utilisation de mon emplacement. Je pense que ma vie privée est mieux respectée sans Facebook.'

L'utilisation des médias sociaux est-elle problématique pour les jeunes?

Quinten: 'Cela pose vraiment problème que d'être continuellement en ligne. Je vois toujours plus de gens sous l'emprise des médias sociaux. Ces gens vivent plutôt dans un monde onirique. C'est étrange, mais les utilisateurs de Facebook deviennent, selon moi, plus asociaux vis-à-vis de leur entourage direct. Je peux comprendre qu'on utilise ce genre de choses pour rester en contact avec des personnes qui vivent loin, mais pour être connecté à des amis proches sur les médias sociaux, je n'en vois pas l'utilité.'

Lisa: 'Certains devraient utiliser les médias sociaux de manière quelque peu plus sensée. Il ne faut pas y poster n'importe quelle photo ou indiquer en permanence où l'on va. Ils feraient bien de réfléchir à deux fois avant d'agir.'

D'une étude, il apparaît que ceux qui n'utilisent pas Facebook peuvent être classés en deux catégories: les warriors, qui sont réellement prêts à tout pour persuader les gens de les suivre, et les sceptics, qui ne considèrent pas le compte Facebook comme nécessaire et qui n'éprouvent pas le besoin de partager leur avis avec tout le monde. De quelle catégorie êtes-vous le plus proche?

Lisa: 'La dernière. Je n'ai rien contre les gens qui sont actifs sur Facebook, mais moi, j'ai bien mieux à faire.'

Quinten: 'Peu importe pour moi, mais parfois, j'ose émettre des remarques vis-à-vis des utilisateurs de Facebook. Comme quand je me trouve à une terrasse en train de boire un verre avec des amis et que l'un d'eux plombe l'ambiance en activant soudainement son smartphone pour mettre à jour son profil. Je ne comprends pas pourquoi il faut à tout instant révéler ce qu'on est en train de faire.'

( StampMedia / Thomas Verstrepen)

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