Big Brother

17/10/06 à 00:00 - Mise à jour à 16/10/06 à 23:59

Source: Datanews

En éprouvez-vous également du dégoût? Ne trouvez-vous pas aussi révoltant que le 'chief financial officer' de Swift déclare devant le Parlement européen que la pression des Etats-Unis était énorme pour communiquer les bases de données.

"Des sanctions lourdes, des amendes et même des peines de prison ont été utilisées comme menaces", a affirmé le directeur financier au cours d'une audition devant l'hémicycle. Et ces menaces (une peine de prison? A Guantanamo?) sont manifestement un blanc-seing pour communiquer l'ensemble des secrets bancaires au service des renseignements américain. Mais voilà que nos politiciens européens grassement rémunérés pointent du doigt la Banque centrale européenne. "Elle avait à tout le moins une responsabilité morale..." Mais sur le fond de l'affaire...La semaine dernière, les ministres européens de la justice faisaient à nouveau acte d'allégeance à leur suzerain américain. Le ministre US de l'Intérieur recevait en effet un accès illimité à 34 données personnelles des passagers atterrissant sur le territoire américain. Trente-quatre? Identité, numéros de téléphone, carte de crédit, schéma de vol, questions spécifiques au personnel de cabine, etc. Sans parler d'un rapport sur la question absurde posée à tout voyageur à destination des USA de savoir si l'on transporte une arme dans ses bagages. En 2004 déjà, la Cour européenne de Justice avait refusé d'accéder à cette demande. Espérons que la Cour jouera à nouveau son rôle.Mais que lisions-nous voici peu dans Knack? Que l'actuel gouvernement a l'intention de retirer au Parlement le contrôle sur le service de renseignements. Que conversations téléphoniques, courriels et accès internet pourront être surveillés. Que seule la défense et l'intérieur devront donner leur feu vert, sans le moindre contrôle? Et à qui seront transmises ces données, pensez-vous? Eh bien, l'Europe ne parle pas d'une seule voie dans ce dossier. Certes, nous avons les politiciens que nous méritons. Mais doivent-ils pour autant ouvrir la porte à Big Brother? George Orwell n'a jamais été autant d'actualité.

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