Bell Labs atteint des vitesses Gigabit via des paires de cuivre

09/07/14 à 13:53 - Mise à jour à 13:53

Source: Datanews

Alcatel-Lucent a atteint une vitesse de 10 Gbps via le cuivre. Un record selon la société de télécommunication, même si cela ne signifie pas pour autant que la ligne téléphonique traditionnelle peut dès à présent rivaliser avec la fibre optique.

Bell Labs atteint des vitesses Gigabit via des paires de cuivre

Alcatel-Lucent a atteint une vitesse de 10 Gbps via le cuivre. Un record selon la société de télécommunication, même si cela ne signifie pas pour autant que la ligne téléphonique traditionnelle peut dès à présent rivaliser avec la fibre optique.

L'annonce de l'entreprise commence de manière euphorique, mais elle a tôt fait d'être nuancée. Ainsi, la vitesse de 10 Gbps est uniquement atteinte avec deux paires de cuivre sur une distance de trente mètres à peine. Plus intéressant: la société peut atteindre 1 Gbps sur une seule paire de cuivre sur une distance de septante mètres.

La technologie utilisée par Bell Labs, la division de recherche d'Alcatel-Lucent, s'appelle XG-Fast. Avec une fréquence de 350 MHz, elle peut atteindre 2Gbps ou 1 Gbps de façon symétrique sur septante mètres. Le XG-Fast avec bonding (plusieurs paires de cuivre côte à côte) peut atteindre une vitesse de 10 Gbps avec une fréquence de 500 MHz sur trente mètres.

XG-Fast est une extension de la technologie G.fast, qui a partiellement été développée à Anvers et est actuellement en cours de normalisation par l'ITU. Elle sera commercialisée en 2015. Elle permettra d'atteindre une vitesse de 500 Mbps sur une distance de 100 mètres.

Test en labo vs réalité Selon Alcatel-Lucent, cette technologie offre des possibilités pour un placement là où une ligne cuivre existe déjà (généralement la ligne téléphonique traditionnelle), mais où il n'est pas possible, pour des raisons économiques ou physiques, de faire venir la fibre optique jusqu'à la porte.

Il faut toutefois rester critique quant à la réalité concrète de ces vitesses. Ainsi, Alcatel-Lucent atteint ses vitesses dans un environnement de laboratoire optimal. En outre, la vitesse la plus élevé baisse dès que le signal doit voyager trop loin. En d'autres termes, celui qui habite à plus de 100 mètres d'une cabine de rue ne risque guère de profiter de ces impressionnantes vitesses Gigabit (quand on sait qu'une distance de 400 mètres n'est pas une exception en ville).

Belgacom utilise actuellement de la technologie d'Alcatel-Lucent. L'opérateur recourt ainsi au VDSL2 Vectoring pour offrir des vitesses de jusqu'à 70 Mbps. Aujourd'hui, la fibre optique arrive jusqu'aux différentes cabines de rue. Mais de là, le célèbre "dernier kilomètre" passe généralement par le cuivre. Pour les opérateurs, chaque mètre grappillé plafonne ensuite à la vitesse réellement atteinte.

La fourniture de la fibre optique jusque dans chaque maison peut résoudre ce problème, comme c'est le cas actuellement dans les grands lotissements nouveaux. Mais cela reviendrait à un projet de plusieurs milliards, avec de gigantesques terrassements correspondants. Le câble de cuivre n'est donc pas encore mort et, tant que ce n'est pas le cas, des sociétés de télécoms innovantes comme Alcatel-Lucent ou Ericsson essaient de prolonger encore sa vie avec de nouvelles vitesses.

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