"Belgacom convient mieux à France Télécom"

16/05/08 à 11:00 - Mise à jour à 10:59

Source: Datanews

"Une fusion entre Belgacom et KPN est une ineptie. Selon moi, Belgacom convient mieux à France Télécom. Les deux entreprises se caractérisent par une forte participation de l'Etat et s'en trouvent bien. Elles ont beaucoup de fonctionnaires à leur service, sans que cela pose le moindre problème. Et elles parlent toutes deux le français", déclare Ad Scheepbouwer, CEO de KPN dans un entretien exclusif accordé à Data News.

"Une fusion entre Belgacom et KPN est une ineptie. Selon moi, Belgacom convient mieux à France Télécom. Les deux entreprises se caractérisent par une forte participation de l'Etat et s'en trouvent bien. Elles ont beaucoup de fonctionnaires à leur service, sans que cela pose le moindre problème. Et elles parlent toutes deux le français", déclare Ad Scheepbouwer, CEO de KPN dans un entretien exclusif accordé à Data News.

Scheepbouwer n'envisage cependant à court terme aucune consolidation au niveau des opérateurs télécoms européens: "La consolidation n'est pas à l'ordre du jour ni professionnellement ni commercialement, aussi longtemps que les opérateurs télécoms seront dominés par des participations étatiques. Des autorités qui font la file avec des paquets d'actions, cela ne représente rien. La question est de savoir si les opérateurs peuvent créer suffisamment de synergie pour obtenir une meilleure position concurrentielle et gagner plus d'argent pour leurs actionnaires. La raison de la fusion entre KLM et Air France? Le fait qu'elles avaient chacune une taille insuffisante pour survivre à long terme. Avoir le dos au mur, c'est une bonne raison pour fusionner." Selon Scheepbouwer, tel n'est pas le cas des opérateurs actuels: "Ni chez Belgacom, ni chez KPN, France Télécom ou Deutsche Telekom, il n'est question d'un quelconque problème de cash-flow. Ils débordent tous d'argent. Dans cette position, on ne va pas se lancer dans une fusion compliquée. On est privilégié et on a donc toute une liste de revendications: je prends les rênes, le siège central sera installé ici, nous ne licencierons personne,... Or qui dit fusion dit donnant-donnant."

Ad Scheepbouwer, qui était l'orateur principal du récent événement organisé par la plate-forme des opérateurs télécoms à Bruxelles, trouve dépassé le combat mené par Belgacom qui garde son réseau haut débit aussi fermé que possible: "Nous avons agi ainsi aussi dans le passé, mais nous avons découvert que c'est plus économique quand beaucoup de concurrents se trouvent simultanément sur le même réseau. A terme, nous allons donc passer en 'single access competition', à savoir une concurrence sur base des services et non pas sur base du réseau." La concurrence aux Pays-Bas est aussi énorme. "Au 1er trimestre, nous avons perdu mille clients par jour ouvrable. Cela nous force donc à nous réorienter."

Vous découvrirez l'ensemble de l'interview d'Ad Scheepbouwer la semaine prochaine dans le Data News n° 19.

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