Agoria: 'Le manque de candidats pour les places vacantes freine la croissance du secteur ICT'

08/02/18 à 09:01 - Mise à jour à 09:01

A l'occasion de sa conférence de presse annuelle, Agoria a abordé l'état du secteur ICT belge. L'accent était mis sur la carence aiguë de candidats pour occuper les emplois vacants dans les entreprises technologiques.

Agoria: 'Le manque de candidats pour les places vacantes freine la croissance du secteur ICT'

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Lors de sa conférence de presse annuelle, la fédération des entreprises technologiques Agoria a cité une série de chiffres qui résument bien l'année que vient de connaître le secteur ICT belge. Agoria jette en fait un coup d'oeil positif sur 2017, même si la fédération affirme que le manque de candidats pour occuper les places vacantes constitue un obstacle à la poursuite de la croissance du secteur ICT.

Frank Vandemarliere, conseiller général d'Agoria: "Le chiffre d'affaires de nos entreprises à crû de 3,7 pour cent l'année dernière et pour 2018, il devrait encore progresser de 2,5 pour cent. En 2017, le chiffre d'affaires a été de 125,8 milliards d'euros, et cette année, il devrait atteindre les 129 milliards. Il dépasserait ainsi celui enregistré en 2008 avant la crise financière."

'Candidats, candidats, candidats'

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"Entre-temps, un grand nombre d'emplois ont été créés, mais à présent, on observe que les places vacantes inoccupées représentent un frein à la croissance dans le secteur"

Le thème de la présentation d'Agoria était: 'Des jobs, jobs, jobs' aux 'candidats, candidats, candidats'. Selon Vandemarliere, Agoria entend ainsi exprimer sa préoccupation sur le plan de l'emploi dans le secteur. Aujourd'hui, il y a 30.000 places vacantes dans notre pays, et un sondage effectué par la fédération montre que 79,8 pour cent des employeurs indiquent avoir du mal à trouver du personnel compétent. 341 employeurs ont réagi au sondage.

"La quantité de jobs disponibles s'est stabilisé en 2015 grâce à des mesures gouvernementales telles le taxshift. Entre-temps, un grand nombre d'emplois ont été créés, mais à présent, on observe que les places vacantes inoccupées représentent un frein à la croissance dans le secteur", selon Frank Vandemarliere.

Activer les demandeurs d'emploi

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"Les demandeurs d'emploi doivent être motivés et se voir fixer un objectif précis au lieu de simplement continuer de vivoter avec leur allocation de chômage"

A la question de savoir comment Agoria entend faire en sorte que les emplois vacants soient occupés, la fédération se tourne vers les jeunes et les anciens actuellement inactifs. "Pas moins de 130.000 jeunes entre 15 et 24 ans n'étudient et ne travaillent pas. D'un autre côté, il y a aussi 750.000 personnes en Belgique âgées de 55 à 64 ans qui sont inactives. Cela représente plus de la moitié de cette catégorie d'âge. Notre pays fait ainsi nettement pire que la moyenne européenne."

Créer des emplois, c'est une chose, mais activer les candidats est une responsabilité tout aussi importante, estime Vandemarliere. Il est cependant d'avis que c'est surtout le gouvernement qui doit consentir des efforts en la matière, et pas les entreprises elles-mêmes. "Ces personnes doivent être motivées, se voir fixer un objectif précis au lieu de simplement continuer de vivoter avec leur allocation de chômage."

'Effet de report'

A notre question de savoir si une limitation dans la durée de l'allocation de chômage serait une solution, le conseiller général réagit de manière nuancée. "Je suis un adepte d'une limitation de l'allocation mensuelle, mais ce n'est qu'une facette de l'affairre. Je m'attends à ce qu'une limitation provoque un 'effet de report', par lequel les chômeurs passeront simplement d'un statut à l'autre. Ces gens ont vraiment besoin d'un stimulant sous la forme d'un accompagnement et de formations."

'Made in Belgium'

Une autre donnée chiffrée qu'Agoria a présentée, concerne la part de marché des entreprises belges au sein de l'UE dans le domaine des exportations de produits technologiques. Depuis 2015, cette part de marché remonte prudemment la pente après une tendance négative qui avait été amorcée en 2002. Aujourd'hui, la part de marché de la Belgique a crû de 4,23 à 4,28 pour cent au cours des dix premiers mois de 2017.

En outre, les exportations belges ont progressé de sept pour cent durant les dix premiers mois de l'année dernière. En 2017, les principaux pays européens vers lesquels nos exportations ont augmenté, étaient la Suède (+20%), l'Italie (+17%) et l'Espagne (+12%). En Grande-Bretagne et en Norvège, nos exportations ont par contre diminué de quatre pour cent dans les deux cas.

Investissements

Enfin, les montants des investissements dans l'industrie technologique sont aussi frappants. L'année dernière, le total des investissements matériels et immatériels (hors R&D) ont crû de huit pour cent. C'est surtout le secteur automobile qui y a contribué de manière importante avec une augmentation de 39 pour cent.

Pour cette année, Agoria table cependant sur une croissance nulle des investissements en raison notamment d'un recul dans le secteur automobile (-14%), dans les équipements techniques et électroniques (-8%) et dans les produits métalliques (-7%).

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