A quel point la STIB a-t-elle abdiqué devant Google?

26/02/10 à 10:00 - Mise à jour à 09:59

Source: Datanews

Vous n'avez pas pu ne pas le rater, le sourire béat du patron de la STIB. Google s'affiche en grand sur les bus bruxellois. Tous les trajets peuvent désormais être visualisés via GoogleMaps.

Vous n'avez pas pu ne pas le rater, le sourire béat du patron de la STIB. Google s'affiche en grand sur les bus bruxellois. Tous les trajets peuvent désormais être visualisés via GoogleMaps.

La compagnie de transports avait certes développé son propre système, mais a finalement préféré le géant américain. Qui en aura pour son argent: les bus bruxellois arborent des publicités de Google sur les flancs. Combien l'opération aura-t-elle coûté à Google? A-t-elle d'ailleurs dû payer? A quel point la STIB a-t-elle abdiqué devant Google? De Lijn ne suit pas, refusant de céder aux exigences de Google. Préférant sans doute que les Américains ne puissent avoir accès aux données de la compagnie de transport public. Faut-il leur donner tort?

"Ce n'est pas le coeur de métier d'une société de bus de développer des cartes", expliquait le patron de la STIB. Tiens, et c'est le métier de base de Google de développer de telles cartes? Que nenni. Pour Google, il s'agit d'une manière de collecter de l'information pour ses annonceurs potentiels, ses clients. Et une société de transport orientée clients pourrait améliorer sensiblement la qualité de son service en exploitant ce trésor d'informations. La business intelligence, vous avez entendu parler? Mais pourquoi s'adresser à Google? Pourquoi pas à une société comme TeleAtlas (TomTom), installée à Gand. Un choix tout aussi valable, voire plus pertinent que Google.

La STIB est d'autant plus fière que Bruxelles est la première ville d'Europe à travailler avec GoogleMaps. Il serait néanmoins temps que l'Europe se positionne de manière plus forte et surtout plus critique vis-à-vis de l'invasion américaine. Nous avons déjà constaté que la pression était et reste très forte sur Swift pour communiquer ses bases de données à Washington. Il ne nous étonnerait pas que Google demande demain, et pourquoi pas aujourd'hui déjà, à disposer de telles informations. Même lorsque le Roi Albert a visité le datacenter de Google à Mons, il s'est vu refuser l'entrée de la salle des serveurs, considérée comme site militaire. La transparence et la communication ouverte n'ont jamais été les points forts de Google. D'accord de prendre le bus en semble, mais qui paie le billet?

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